El Chaltén : rodéo et randos

Après un voyage en avion depuis Buenos Aires, nous arrivons enfin en Patagonie.
Dans notre imaginaire, la Patagonie commence à cette latitude, dans les environs du glacier Perito Moreno, des villes de El Calafate et El Chaltén. En réalité, les argentins considèrent que la Patagonie commence à hauteur de Bariloche. Plus au sud, on parle de Patagonie Australe. Terre de géants, terre de mystères, le froid nous saisit dès notre arrivée. Nous ne sommes alors pas mécontents d’avoir trimballé nos manteaux de ski depuis Cuba !

Avion BA-El Calafate
Un bien beau vol

Nous prenons vite la direction de El Chaltén, délaissant un moment la sur-développée El Calafate.
El Chaltén en est encore à ses balbutiements en terme de tourisme. La ville a été fondée en 1985 : il s’agissait alors de défendre un territoire revendiqué par le Chili. Le gouvernement argentin a ainsi envoyé 40 personnes et ordre a été donné de fonder une ville dans ce qui ressemble fortement au bout du monde bien que la Terre de Feu soit encore à quelques centaines de kilomètres ! Depuis 1985, on fête tous les 12 octobre l’anniversaire de la ville. Qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, il en faut bien plus pour refroidir un gaucho…

Bus El Calafate-El Chaltén
Une des plus belles routes empruntées jusqu’à maintenant

On débarque donc dans une ville glaciale, sans avoir idée que derrière les nuages se cachent des merveilles tels le Cerro Torre ou le Cerro Fitz Roy.

Boule de cristal
« Guichermo en la bola de cristal »

Il n’y a pas âme qui vive en ville. Seuls les gauchos sont de sortie. L’anniversaire de la ville rime avec asado (barbecue mélant porc, agneau et boeuf) et rodéo.

On se réchauffe avec un choripan (sorte de hot-dog mais avec une saucisse digne de ce nom !) avant d’assister à un spectacle quelque peu déconcertant au premier abord : un cheval est attaché à un poteau et chauffé à blanc jusqu’à ce qu’il soit prêt à “accueillir” un gaucho. Et autant dire qu’il faut être gaillard pour chevaucher ces bêtes par ce temps.

Preparation chevaux
Courageux sous les flocons

Nombreux sont les gauchos qui se retrouvent à terre, cédant aux nombreuses ruades des chevaux. Mais ce concours n’est pas que du spectacle : le vainqueur de la compétition rentre à la maison avec un cheval !

Rodéo live
Gaucho sur une monture quelque peu réticente

Entre deux ruades, on se réchauffe autour de l’asado. On partage alors un bout de viande avec des patagoniens qui étaient encore de parfaits inconnus quelques minutes plus tôt. Plus qu’une fête des traditions, cette journée est un moment de partage entre argentins, chiliens et visiteurs (peu nombreux par ce temps bien patagonien !). Et dire que cette ville a d’abord été fondée pour repousser les chiliens 😉

Quand le beau temps est au rendez-vous, il s’agit de ne pas gâcher une telle opportunité ! El Chaltén est surnommée la capitale nationale du trekking et ce n’est pas pour rien. Il y en a pour tous les goûts : de la randonnette (une petite randonée) de 30 minutes aux excursions de plusieurs jours.

Panneau Laguna Torre
Et c’est parti pour la première rando !

Au départ venus avec l’ambition de faire un trek sur plusieurs jours, la météo nous refroidit et on décide alors de faire des randonnées à la journée. Les chemins du Parque Nacional Los Glaciares, particulièrement bien entretenus, sont époustouflants.

Dès que l’on quitte les forêts, on aperçoit les cimes du Cerro Torre ou du Cerro Fitz Roy. Après quelques heures de marche, la surprise est souvent de taille : on atteint une lagune surplombée d’un glacier. Des blocs de glace flottent alors dans l’eau, jusqu’à ce que l’eau ait raison d’eux et qu’ils disparaissent à tout jamais…

Lago Torre et Cerro Torre
Pause sérénité à la Laguna Torre

Parfois, la lagune reste gelée 8 mois de l’année, parfois les blocs de glace sont tellement nombreux qu’on distingue à peine la lagune ! On se trouve vraiment très proches de ces sommets au formes incroyables. En se trouvant à la Laguna de Los Tres, on n’est alors qu’à un jour de marche du Cerro Fitz Roy. Mais ensuite, on ne parle plus de randonnée mais vraiment d’alpinisme. Rien à voir avec le Huayna Potosi !

Mais on ne voit vraiment qu’un tout petit échantillon du parc. En s’éloignant un peu des sentiers balisés, on découvre des endroits hors du commun, sans aucun autre visiteur.

Cascade avec vue
Hors des sentiers battus, quelque part aux alentours de la Laguna Capri ! Mais chut !

Notre séjour dans la zone nord du Parque Nacional Los Glaciares s’achève par une journée à bicyclette avec John et Morgana, San Franciscains en grand voyage rencontrés dans la folle ascension du Huayna Potosi en Bolivie. Commencée sous un ciel menacant, la journée se termine bien comme annoncée : sous un soleil “liquide”, comme disent les alaskains…

Sortie vélo
Un faux plat sous la pluie… oh hisse, oh hisse !

Comme diraient nos cousins éloignés du Québec, on est vraiment tombés en amour avec la Patagonie Australe, et ce n’est que le début ! Allez zou, direction El Calafate et le glacier Perito Moreno 😉

Bus El Chaltén/El Calafate
Chemin du retour en bus : un coucher de soleil patagonien !

T & G

Bon plan photo des environs d’El Chaltén : Sans aucun doute la Laguna Torre. Avec ses blocs de glace flottant à quelques mètres de la rive et le Cerro Torre au second plan, c’est un endroit hors du commun…

3 réflexions sur « El Chaltén : rodéo et randos »

  1. C est un festival …. Du beau du beau du beau … Y a plus qu à se réjouir les mirettes … Ça a l air de bien cailler … Comme à l autre bout de l’autre Amérique … En Alaska … Couleurs et magique ambiance , bien belle Patagonia vraiment . Ça paye toujours de sortir des sentiers battus !!!! Gardez vous au chaud … 😉

Répondre à benjapiedblog Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *